Histoire de St. Bauzille

Tout d’abord, connaissez-vous la signification exacte du nom de notre village ?
Nous sommes tentés de répondre par la négative, à en juger par les questions nombreuses qui nous sont posées à ce sujet.
Faisons donc ensemble une brève incursion dans l’histoire de ce pays et peut-être ce rapide parcours nous permettra-t-il d’entrevoir la vérité.
Il est composé de deux noms d’origines différentes : Saint-Bauzille et de-Putois

  • Appellation « Saint-Bauzille »
    Nous retrouvons « Sanctus Baudilii » comme un évangéliste venu prêcher à « Nismes » dans l’intervalle de 358 à 361 sous Julien l’Apostat. Il périt en martyre à Nîmes ayant voulu prêcher pendant une fête païenne. Ce saint est fêté le 20 mai. On retrouve son nom dans la racine du nom de nombreux villages.
  • Appellation « de Putois »
    Évidemment, définir cette terminaison est un peu plus ardu. Il faut remonter à l’époque féodale pour trouver dans les archives des documents susceptibles d’éclairer un peu notre lanterne. En les compulsant, on trouve d’abord la plus ancienne des dénominations connues « Pedoxinis » d’un âge respectable puisque remontant à 999, époque où elle est inscrite dans la curieuse charte 13 du Cartulaire de Gellona.

Paraissent ensuite, de 1466 à 1492 ; « Pesuses », « Pedusio ou Pedussio », devenus « Peducio » de 1528 à 1536, puis de « Puteils » en 1567 (Compoix de Saint-Bauzille). En 1593, la terminaison devient « de Petoys » ou « Pethoys » ou « Petheis » (archives départementales) et trouve enfin sa forme définitive ou du moins actuelle, de Putois, en 1625. Le nom de Pedoxinis désignait alors le noyau principal de notre village fixé autour de l’église paroissiale donnée à l’évêque de Maguelonne sous le règne de Charles le Simple, par Bernard 1 er comte de Melgueil.

Mais que signifient exactement toutes ces appellations et surtout la dernière et d’où tirent-elles leur origine ?

On pourrait songer à une propriété foncière d’un Gaulois nommé « Pedoxinus ». Une version, la plus couramment admise, consisterait à faire dériver « putois » du latin
« puteus » ; se rapprochant le plus de « putelis » utilisé en 1567 et signifiant puits. Encore que ceux-ci existent en grand nombre dans le village, nous ne donnons une telle définition que sous les plus expresses réserves, nonobstant le vieux proverbe disant... la vérité sort du puits. Une autre explication nous est fournie côté végétal, pourrait-on dire. On trouve, en 1154, le nom de San Baudilius de Pedusio (ou Pedusia) qui se continue, comme nous l’avons dit, jusque vers 1536 et de Pedusio ou Pedusius latin, peut très bien correspondre au languedocien Pudis, nom du térébinthe ou pistachin térébinthe. Il s’agit de cette plante qui perd sa feuille après être devenue rouge en hiver.
Appelée par déformation « Lo pédis » et qui est fort appréciée des lapins de garenne qui ne la trouvent d’ailleurs que dans notre région.

Les linguistes Jean-Marie CASSAGNE et Mariola KORSAK préfèrent voir le mot prélatin « pedona » (= hauteur rocheuse), apparenté au latin « podium » (= colline). Au XIX e siècle, le village était aussi connu sous le nom de « Saint-Bauzille-’Hérault ».

Aussi nous vous laisserons choisir entre les puits profonds et obscurs dispensateurs d’une eau appréciée, surtout à l’heure de l’apéritif, le bucolique Pudis qui nous fait rêver, les premiers contreforts des Cévennes et le nom d’un propriétaire foncier.

Quelques photos du "COMPOIX" de Saint Bauzille qui date de 1567.
(Un compoids, compois ou compoix est, entre le XIVe et le XVIIIe siècle, une sorte de cadastre rudimentaire, avec description, arpentage et estimation de toutes les parcelles, dans les régions françaises de langue occitane.)

Vous pouvez accédez à toutes les ressources numérisées et aux inventaires via le site des archives départementale.
http://archives-pierresvives.heraul...

Portfolio