Le vendredi 16 octobre 2020, un enseignant d'histoire-géographie a été sauvagement assassiné près de son collège dans le Val d'Oise.

 Ce nouveau crime commis au nom d'une interprétation obscurantiste et barbare d’une religion a ébranlé la communauté éducative dans son ensemble, des écoles à l'université, et nous a tous bouleversés en tant que parents, anciens élèves, élus de la République.

Comment accepter que l’on puisse mourir en France, sauvagement assassiné, pour un dessin !
Cet enseignant est mort pour avoir voulu faire réfléchir ses élèves à des caricatures et donc les exercer à l'esprit critique, fondement de la citoyenneté - notamment en ces temps de fake news, informations fausses et mensonges colportés par trop de médias et réseaux sociaux irresponsables. Il est mort parce que des forces obscurantistes inculquent, en marge de l'école de la République, la haine de la laïcité et de la liberté de penser.


Notre République s’est construite sur la valeur de la laïcité, c'est-à-dire du droit de croire ou de ne pas croire, sur le droit de questionner, de critiquer, voire de moquer des vérités « révélées ». Ce droit remonte au Siècle des Lumières lorsque les plus grands esprits européens souhaitaient combattre les ténèbres de l'ignorance par la diffusion du savoir, luttaient contre l'intolérance religieuse et l’absolutisme politique, et pouvaient s’affronter dans des joutes intellectuelles de Montesquieu, Voltaire, Rousseau, D’Alembert à John Locke, et bien d’autres en Europe…


Accompagner les jeunes dans l’acquisition de connaissances tout en les formant à la démarche critique qui leur permettra de devenir des citoyens libres et éclairés, est la mission de l’Education Nationale. Quelle que soit la portée polémique et provocatrice des dessins, des mots, des opinions, le fait de pouvoir les exprimer librement est l’un des fondements de nos valeurs républicaines, de la laïcité républicaine, tolérante et ouverte mais aussi ferme, respectueuse de toutes les croyances mais ne cédant au diktat d’aucune d'elles.
En tant qu’élus et citoyens, nous avons aussi une responsabilité pour défendre les valeurs de la République, tant au niveau national qu’à notre modeste niveau communal. C’est sans nul doute au plus proche de nos concitoyens et de nos jeunes, issus de tous horizons, que nous pouvons prendre des initiatives permettant de décliner de manière concrète les valeurs qui nous portent.

 

Jean BURDIN